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Bioélectrographie et biophotons : que mesure réellement le dispositif BioWell ?

  • Photo du rédacteur: christophe andre
    christophe andre
  • 10 oct. 2025
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 31 août

Le vivant émet naturellement une quantité extrêmement faible de lumière. Ce phénomène, appelé émission photonique ultra-faible ou UPE, est étudié depuis plusieurs décennies.

La bioélectrographie utilisée par BioWell produit également une image lumineuse autour des doigts. Ces deux phénomènes sont pourtant différents. Les confondre conduit à attribuer au dispositif une portée qu’il ne possède pas.

Que sont les émissions photoniques ultra-faibles ?

Les émissions photoniques ultra-faibles sont produites spontanément par les organismes vivants, sans stimulation lumineuse ou électrique extérieure.

Leur intensité est très faible. Elles doivent être enregistrées dans l’obscurité à l’aide de photomultiplicateurs ou de caméras extrêmement sensibles et refroidies.

Ces émissions sont principalement associées à des réactions oxydatives. Certaines molécules placées dans un état électronique excité au cours du métabolisme peuvent libérer un photon lorsqu’elles reviennent à leur état initial.

L’intensité des UPE peut notamment varier selon :

  • l’activité métabolique ;

  • la production d’espèces réactives de l’oxygène ;

  • l’exposition aux ultraviolets ;

  • l’état oxydatif de la peau ;

  • certains rythmes biologiques ;

  • les conditions expérimentales.

Les UPE constituent donc un phénomène biophysique réel. Leur étude peut apporter des informations sur certains processus oxydatifs, notamment au niveau de la peau.

Les biophotons communiquent-ils entre les cellules ?

Le terme « biophoton » est souvent utilisé comme synonyme d’émission photonique ultra-faible. Il est toutefois parfois associé à des hypothèses plus larges, telles qu’une communication lumineuse entre les cellules ou une cohérence quantique du vivant.

Ces hypothèses font l’objet de recherches. Elles ne sont pas démontrées à ce jour.

Une revue critique publiée par Cifra et ses collaborateurs conclut que l’existence des UPE est solidement établie, mais qu’il n’existe pas de preuve fiable permettant d’affirmer que ces émissions possèdent une cohérence quantique particulière.

Il est donc préférable de distinguer :

  • le phénomène mesuré : l’émission photonique ultra-faible ;

  • son origine biochimique probable : les réactions oxydatives ;

  • les hypothèses relatives à une communication cellulaire par la lumière.

Que mesure BioWell ?

BioWell ne mesure pas directement les émissions photoniques ultra-faibles spontanées.

Lors de l’acquisition, le doigt est posé sur une électrode recouverte d’une plaque de verre. Le dispositif applique une impulsion électrique très brève. Cette stimulation provoque une décharge gazeuse autour de la pulpe du doigt. La caméra enregistre la couronne lumineuse ainsi produite.

Il s’agit donc d’un phénomène stimulé par un champ électrique. À l’inverse, les UPE sont enregistrées spontanément, sans excitation électrique.

L’image BioWell dépend de plusieurs facteurs :

  • les propriétés électriques de la peau ;

  • l’humidité et la transpiration ;

  • la qualité du contact avec l’électrode ;

  • la position et la pression du doigt ;

  • les caractéristiques de l’impulsion électrique ;

  • les conditions ambiantes ;

  • l’état neurovégétatif de la personne.

Le signal enregistré est physique et quantifiable. Il ne correspond cependant pas à une mesure directe des biophotons émis spontanément par les cellules.

De l’image aux indicateurs

Le logiciel analyse différents paramètres de l’image, notamment sa surface, son intensité, sa répartition et sa régularité.

Il en dérive ensuite plusieurs indicateurs présentés sous forme de valeurs, de graphiques ou de représentations corporelles.

Il faut distinguer trois niveaux :

1. Le signal acquis

Il s’agit de l’image de la décharge gazeuse produite autour du doigt sous l’effet de la stimulation électrique.

2. Les indicateurs calculés

Le logiciel transforme les caractéristiques de l’image en différents paramètres numériques : énergie conventionnelle, stress, équilibre ou symétrie.

Ces paramètres décrivent le signal selon le modèle BioWell. Ils ne mesurent pas directement l’énergie métabolique, les hormones ou les neurotransmetteurs.

3. Les représentations interprétatives

Les cartes d’organes, de systèmes et de chakras résultent d’un modèle de correspondance intégré au logiciel.

Elles constituent une grille d’interprétation. Elles ne sont pas une image anatomique des organes et ne permettent pas d’établir un diagnostic.

Quel peut être l’intérêt de la bioélectrographie ?

L’intérêt principal de BioWell réside dans la comparaison.

Plusieurs acquisitions réalisées chez une même personne, dans des conditions aussi semblables que possible, peuvent permettre d’observer :

  • la stabilité ou la variabilité du signal ;

  • son évolution au cours du temps ;

  • les différences avant et après une situation définie ;

  • la répétabilité de certains indicateurs ;

  • les relations possibles avec le ressenti et le contexte.

Cette utilisation suppose un protocole rigoureux. Les conditions d’acquisition doivent être notées. Une variation ne doit pas être interprétée isolément.

Les résultats peuvent compléter un entretien ou une réflexion sur le mode de vie. Ils ne permettent pas de diagnostiquer une maladie, d’évaluer directement un organe ou de remplacer une analyse biologique.

Pourquoi parler de bioélectrographie ?

Le terme « bioélectrographie » décrit plus justement la technique utilisée. Le dispositif enregistre une image lumineuse produite par l’interaction entre un tissu biologique, une électrode, un champ électrique et l’air environnant.

Employer ce terme évite de laisser entendre que BioWell mesure directement :

  • les biophotons spontanés ;

  • un champ énergétique humain ;

  • l’activité des organes ;

  • un processus de guérison ;

  • une communication quantique entre les cellules.

Cette précision ne retire pas tout intérêt à l’outil. Elle permet au contraire de le situer correctement.

Conclusion

Les émissions photoniques ultra-faibles sont un phénomène biologique réel, principalement associé aux réactions oxydatives. Leur utilisation comme biomarqueurs fait encore l’objet de recherches.

BioWell repose sur un autre phénomène : une décharge gazeuse provoquée par une stimulation électrique au niveau des doigts.

Le dispositif produit un signal physique. Le logiciel le transforme ensuite en indicateurs et en représentations interprétatives. Son intérêt éventuel réside surtout dans l’observation comparative et répétée, selon un protocole stable.

La distinction entre mesure, calcul et interprétation est indispensable. Elle permet d’utiliser la bioélectrographie comme un outil exploratoire, sans lui attribuer une valeur diagnostique qu’elle ne possède pas.

Références

Cifra M., Brouder C., Nerudová M., Kučera O. « Biophotons, coherence and photocount statistics: a critical review ». Journal of Luminescence, 2015, 164, 38–51.

Cifra M., Pospíšil P. « Ultra-weak photon emission from biological samples: definition, mechanisms, properties, detection and applications ». Journal of Photochemistry and Photobiology B, 2014, 139, 2–10.

Pospíšil P., Prasad A., Rác M. « Role of reactive oxygen species in ultra-weak photon emission in biological systems ». Journal of Photochemistry and Photobiology B, 2014, 139, 11–23.

Zapata F. et al. « Human ultra-weak photon emission as non-invasive spectroscopic tool for diagnosis of internal states: a review ». Journal of Photochemistry and Photobiology B, 2021, 216, 112141.

Kostyuk N. et al. « Gas Discharge Visualization: An Imaging and Modeling Tool for Medical Biometrics ». International Journal of Biomedical Imaging, 2011, article 196460.


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